Jésus !… Quelle n'est pas votre humilité, ô Divin Roi de Gloire, de vous soumettre à tous vos prêtres sans faire aucune distinction entre ceux qui vous aiment et ceux qui sont, hélas ! tièdes ou froids dans votre service. A leur appel vous descendez du ciel; ils peuvent avancer, retarder l'heure du saint sacrifice, toujours vous êtes prêt. ô mon Bien-Aimé, sous le voile de la blanche hostie, que vous m'apparaissez doux et humble de cœur ! (Mt 11,29) Pour m'enseigner l'humilité vous ne pouvez vous abaisser davantage ; aussi je veux, afin de répondre à votre amour, désirer que mes sœurs me mettent toujours à la dernière place et bien me persuader que cette place est la mienne…
Je le sais, ô mon Dieu, vous abaissez l'âme orgueilleuse, mais à celle qui s'humilie vous donnez une éternité de gloire ; je veux donc me mettre au dernier rang, partager vos humiliations afin « d'avoir part avec vous » (Jn 13,8) dans le royaume des Cieux.
Mais, Seigneur, ma faiblesse vous est connue ; chaque matin je prends la résolution de pratiquer l'humilité et le soir je reconnais que j'ai commis encore bien des fautes d'orgueil. A cette vue je suis tentée de me décourager mais, je le sais, le découragement est aussi de l'orgueil. Je veux donc, ô mon Dieu, fonder sur vous seul mon espérance ; puisque vous pouvez tout, daignez faire naître en mon âme la vertu que je désire. Pour obtenir cette grâce de votre infinie miséricorde je vous répéterai bien souvent : « ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! »
Je ne voudrais pas cependant, ma Mère bien-aimée, que vous croyiez que les prières faites
en commun au choeur, ou dans les ermitages , je les récite sans dévotion.
"Voici qu'Il vient. Je ne suis pas digne de lui défaire ses lacets ! Lui vous baptisera dans l'Esprit, alors que moi, je vous baptise dans l'eau.
Ma mission a été accompli, désormais c'est Lui que vous devez suivre !"
Jésus doit maintenant prendre en charge la foule qui est venue écouter les paroles du Seigneur, en même temps qu'Il doit se préparer à affronter son destin. Un destin qu'Il accepta dès son plus jeune âge en allant au temple enseigner aux scribes.
Joseph embrassait
le Fils du Père céleste
comme un nouveau-né,
et il le servait comme son Dieu.
Et il se complaisait
comme en la bonté même ;
et il le révérait
comme le juste par excellence (Mt 1, 19).
Grande était sa perplexité !
« Comment m'est-il donné,
Ô Fils du Très-Haut,
d'avoir en toi un fils ?
Contre ta mère je m'irritai,
et je pensais la renvoyer.
Et je ne savais pas
qu'en son sein était un grand trésor
qui dans ma pauvreté
soudain me rendait riche.
Le roi David
de ma race a surgi
et a ceint la couronne.
Grand dénuement
où je suis parvenu !
Au lieu d'être roi je suis ouvrier ;
mais une couronne m'est advenue
puisque sur mon cœur repose
le Maître de toutes les couronnes. »